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Martha Kean une américaine à Saint-Briac

Au Second Empire, alors que l’invention des machines à vapeur révolutionne l’industrie des transports, trains et bateaux amènent sur les côtes de la Manche de nouveaux habitants qui se mêlent aux populations locales. De ces rencontres, la région hérite de son identité singulière, mélange de culture traditionnelle et de raffinement hérité des citadins venus de Paris, d’Angleterre ou des Etats-Unis.

Ainsi en 1902, l’aquarelliste et écrivaine Martha Kean, de son vrai nom Frances Ruth Gundry, s’installe pour l’été dans une maison en location à Saint-Briac pour améliorer son français. À la « Petite mouette », près du château des Essarts, elle va consigner ses souvenirs de vacances dans un journal. Ce recueil de lettres destinées à son mari resté aux États-Unis sera publié sous le titre « A transplanted nursery ». Avec son Kodak, elle produit les clichés qui serviront d’illustrations à son récit.

Dans ce livre, l’auteur rapporte ses excursions vers Saint-Servan, Saint-Malo, Paramé, Cancale, Jersey, Dol, Dinan ou Combourg. Elle décrit les édifices, les paysages et les mœurs des habitants avec la sensibilité d’une artiste passionnée par l’art, l'histoire, l’architecture, la botanique, la littérature et les gens. Elle raconte sa vie quotidienne à Saint-Briac : la pêche à pied avec ses enfants, leurs jeux avec les jeunes Briacins, leurs progrès en français…

À Saint-Briac, elle se mêle avec simplicité à la vie du village. Elle raconte ses contacts avec les commerçants du bourg et ses rencontres avec les habitants.

Rencontre insolite au golf de Dinard / Saint-Briac

Un soir, sur la lande, non loin du club-house jouxtant le golf de Dinard / Saint-Briac, alors que Martha s’était assise sur l’herbe pour contempler la mer, une vieille Bretonne vint s’installer près d’elle. 

L’auteur décrit madame Ross comme une femme au visage marqué et à l’allure désordonnée qui porte sur ses cheveux en bataille la coiffe de Saint-Briac assortie de hautes chaussettes et d’une cape de golf.

L’intelligence luit dans le regard de braise de la Bretonne qui lui raconte dans un anglais presque dénué d’accent comment sa fille a épousé un Anglais qui venait chaque année jouer au golf.

Elle avait à présent trois enfants et possédait, trois maisons, quatre chevaux, un yacht et tous les domestiques dont elle avait besoin. Chaque année, elle envoyait à sa mère ces splendides bas de laine et des capes anglaises.

Article tiré du livre "Voyageurs d'hier, Paris-Bretagne-Normandie" 
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